Le post-rock est un sous-genre du rock. Le terme post-rock fut expliqué pour la première fois par Simon Reynolds dans l'édition mai 1994 du magazine The Wire pour décrire le son de certains groupes de rock qui utilisent l'instrumentation typique du rock, mais qui incorporent des rythmes, des harmonies, des mélodies, et des progressions harmoniques qui ne se trouvent pas dans la tradition du rock. La majorité de ces groupes créent de la musique purement instrumentale[1],[2],[3]. Malgré cela, beaucoup insistent sur le fait que le terme n'est pas adapté. Par exemple, le terme est utilisé pour décrire la musique de Tortoise et celle de Mogwai, deux groupes qui ont peu en commun (mis à part le fait qu'ils sont des groupes instrumentaux)[4].
Le terme post-rock fut créé par le critique musical Simon Reynolds dans un article sur l'album Hex de Bark Psychosis dans la revue Mojo en mars 1994. Reynolds élabora l'idée dans l'édition mai 1994 du magazine The Wire[1],[5].
Dans un blog de juillet 2005, Reynolds affirma qu'il avait utilisé le terme « post-rock » avant de l'avoir publié dans Mojo, dans un journal musical appelé Melody Maker[6]. Il affirma également que le terme n'était pas entièrement de sa création, étant donné qu'il fut utilisé par James Wolcott dans un article sur Todd Rundgren en 1979[7].
D'abord employé pour qualifier des groupes tels que Stereolab, Disco Inferno, Seefeel, Bark Psychosis, Moonshake, Pram ou Labradford, l'appellation s'étend peu à peu à tous les groupes de rock indépendant influencés par le jazz ou le krautrock et qui privilégient les morceaux instrumentaux, mais aussi, à partir de 1994, aux groupes intégrant des influences électroniques.
Des groupes du début des années 90, comme Slint ou des années 1980 tel que Talk Talk, voire 70 avec Neu!, contribuent à l'émergence du genre. Comme souvent, la dénomination a ses limites : ainsi, le terme est appliqué à des groupes aussi différents que Tortoise et Mono, qui ont peu de choses en commun si ce n'est le côté instrumental de leurs compositions.
Tortoise figure parmi les groupes fondateurs du mouvement. Après la sortie de leur deuxième LP Millions Now Living Will Never Die en 1996, le groupe devient une icône du post-rock. Bon nombre de groupes, influencés par le son de Millions Now Living Will Never Die, enregistrent alors dans le sillage de Tortoise, et sont ainsi étiquetés post-rock. Vers la fin des années 1990, Chicago (Illinois) est devenu le fief de la nouvelle tendance et abrite bon nombre de groupes, produits par John McEntire (batteur de Tortoise) ou Jim O'Rourke (producteur, entre autres, de Brise-Glace ou Gastr del Sol). À cette époque, le post-rock élargit ses horizons en intégrant des influences allant des ambiances des groupes de slow-core aux rythmes électroniques de groupes tels que Stereolab. En France, le fanzine Crème Brûlée est devenu la référence du post-rock dans la seconde moitié des années 90 en documentant en détail des groupes tels que Tortoise, Mogwai, Labradford, Gastr Del Sol, Jessamine aussi bien que la scène post-metal (Mick Harris, James Plotkin, etc.).
Ce style est en perpétuelle évolution. Le label Constellation de Montréal (Québec) préfigure aujourd'hui comme l'un des labels les plus novateurs car il a su apporter du sang neuf au genre. Profondément anti-capitaliste et altermondialiste, il signe des groupes variés qui partagent les mêmes convictions politiques. On retiendra surtout des groupes comme Godspeed You Black Emperor ! — rebaptisé plus tard Godspeed You! Black Emperor — qui ajoute une dimension politique au genre, Do Make Say Think aux sonorités plus jazzy agrémentées de nappes électros plannantes, ou encore Hanged Up (duo violon/batterie).
À partir du début des années 2000, le terme de post-rock est moins employé. L'émergence de tendances très diverses a en effet provoqué une profusion de nouveaux termes qui peu à peu a vidé l'appellation de tout sens.
La scène post-rock française est assez confidentielle. Elle rassemble des groupes de genres très différents, mais ne semble pas chercher à les catégoriser. Tous sont souvent réunis sous l'appellation post-rock ou rock instrumental.